Home News Témoignages : focus sur les gardes, les plannings familiaux, les formations… Ce qu’attendent les jeunes généralistes belges du prochain gouvernement

Témoignages : focus sur les gardes, les plannings familiaux, les formations… Ce qu’attendent les jeunes généralistes belges du prochain gouvernement

0
Témoignages : focus sur les gardes, les plannings familiaux, les formations… Ce qu’attendent les jeunes généralistes belges du prochain gouvernement

Dr Thomas Calozet, généraliste
Dr Thomas Calozet, généraliste ©EDAP

En province de Luxembourg, les cinq postes de garde sont bien connus et fonctionnent 12 h non-stop. C’est stressant pour le médecin, mais ça désengorge les services d’urgences” analyse le Dr Thomas Calozet qui y a exercé un an. Actuellement à Bruxelles, il compare : “Peu de gens connaissent l’existence des postes de garde. Les médecins doivent apporter une partie du matériel dit ‘consommable’, comme l’électrocardiogramme, ou les abaisse langue !

Il regrette une dérive, qui est en cours à cause de la pénurie de généralistes : “On va au poste de garde pour un suivi chronique, parce que le médecin de santé est malade ou pensionné.”

Dr Alexia Orban : “Il faut soutenir les centres de planning familial”

Alexia Orban, généraliste en centre de planning familial
Dr Alexia Orban, généraliste en centre de planning familial. ©GBO/Cartel

Il y a une pénurie de personnel médical au sein des plannings familiaux. Or, l’accès à l’IVG est un droit, qui est menacé par cette pénurie. Il faut revaloriser le financement : on est par exemple mieux payé dans un centre ONE que dans un centre de planning, c’est un frein. Il faut également former les étudiants à pratiquer les IVG, et ce, dans toutes les universités.

Une piste, selon le Dr Orban, serait d’instaurer de stages rémunérés dans les plannings familiaux. “C’est important que la première ligne soit bien formée pour prescrire une contraception et pour les frottis du col. Cela peut éviter que ces actes soient reportés en seconde ligne.”

Et concernant la contraception, elle souligne l’importance de l’accès à l’information sur la recherche, notamment au niveau de la contraception masculine. “On doit pouvoir proposer une approche plus variée pour s’adapter à la demande des patients et patientes.”

La question de pénurie va au-delà des centres de planing. “Il n’y a plus assez de praticiens, et à cause des sous-effectif, il y a une pression de rendement. Les médecins sont plus stressés, déshumanisé. Cela nous amène à une médecine à deux vitesses, où les médecins non-conventionnés peuvent prendre leur temps parce qu’ils demandent plus d’argent.”

La solution, selon elle ? “Il faut revoir les quotas INAMI, avec sérieux, au niveau du fédéral, mais aussi les sous-quotas à la Région.” Elle n’est pas très positive à propos du concours d’entrée, qui est un frein pour de nombreux jeunes. “J’ai fait des humanités artistiques, en technique de transition. S’il y avait eu un concours, je ne l’aurais pas présenté. Pourtant, j’ai toujours bien réussi mes études, et j’ai été diplômée avec une grande distinction.

Dr Audrey Bonnelance : “Il faut développer les pratiques multidisciplinaires”

Dr Audrey Bonnelance, généraliste GBO
Dr Audrey Bonnelance, généraliste en pratique de groupe multidisciplinaire ©GBO/Cartel

La Dr Bonnelance travaille en groupe multidisciplinaire et trouve que c’est une chance pour le patient d’avoir le bon praticien, au bon endroit et au bon prix, grâce à une collaboration entre généralistes, spécialistes et paramédicaux.

”Malheureusement, s’il existe de nombreuses formations pour les généralistes, il n’y pas de formations interdisciplinaires, qui permettraient de réfléchir ensemble à qui fait quoi dans le domaine de la santé. Cela pourrait avoir des effets positifs sur le délai des soins.”

Elle donne l’exemple d’une patiente qui vient la voir après une hystérectomie. “Elle est très pâle, perd beaucoup de sang. Je me dis que si je l’envoie aux urgences, l’attente risque d’être longue et la prise en charge potentiellement inappropriée. J’ai sonné à son gynécologue, auprès de qui j’ai insisté sur le caractère urgent d’une visite. Mais ensuite, je suis restée 20 minutes en attente à son secrétariat, pour avoir un rendez-vous pour la patiente…” Une ligne de communication directe entre médecins pourrait selon elle faire gagner beaucoup de temps.

Il faut réfléchir à donner du temps aux médecins, notamment les patients âgés. Il leur faut du temps pour s’installer, pour se déshabiller. Il faut aussi du temps pour écouter un patient qui a des difficultés psychologiques, du temps pour faire de la prévention.”

La généraliste s’indigne aussi de la politique de prévention, et de l’échec de sa fédéralisation. “J’ai des patients qui viennent d’Overijse, de Bruxelles ou du Brabant wallon. En Flandre, on reçoit un colotest à domicile, à Bruxelles, il faut aller le chercher à a pharmacie, en Wallonie, il faut signaler qu’on veut le recevoir… Ce n’est tpas cohérent. Un de nos rêves serait la refédéralisation de la médecine préventive.”

Dr Pauline Gérard : “Je veux profiter de mes jeunes années pour continuer à me former”

Diplômée depuis un an et demi, Pauline Gérard fait beaucoup de remplacements. “Maladies, vacances, congés de maternité… Certains ne peuvent pas être remplacés pour des raisons administratives, parce que ‘INAMI refuse d’associer la pratique à l’acte et le forfait.”

Pauline voulait profiter de sa jeunesse, du fait qu’elle n’a pas encore d’enfants pour suivre des formations, qui sont nombreuses : échographie, soins palliatifs… “Mais c’est cher, et ça prend du temps. Par exemple, la formation dermoscan, pour détecter les mélanomes est coûteuse, et le prix de l’équipement est un frein. Mais ça permet de ne pas référer un patient à un dermatologue pour rien.

Elle souligne l’importance d’un dossier médical réellement partagé entre tous les acteurs, pharmaciens, centres médicaux, hôpitaux, l’ONE, les maisons de repos… “Un patient allait voir sa famille à l’étranger, et ne se souvenait plus s’il était en ordre pour les vaccins, car il avait perdu sa carte de vaccination. J’ai voulu sonner au centre de voyage, mais j’étais 20e sur dans la file d’attente téléphonique. J’ai envisagé une prise de sang, pour voir où en étaient les anticorps, une dépense inutile, et le patient a conclu : ‘Je vais me faire vacciner à nouveau, c’est plus simple’.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here