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Familles monoparentales en Belgique : “La charge mentale est difficile à gérer”

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Familles monoparentales en Belgique : “La charge mentale est difficile à gérer”

Comme beaucoup de parents seuls, la jeune femme travaille pour subvenir aux besoins de sa famille. “Je suis agent administratif de profession. En étant employée dans une institution, mes horaires sont assez classiques. Je commence à 8h10 le matin et je termine vers 17h-17h30. Malgré cela, il m’arrive de prendre des heures de récup’ pour aller chercher mes enfants à l’école. Car la garderie commence à 7h le matin mais se termine à 17h20 le soir. C’est toujours un peu la course!”

Monique peut heureusement compter sur le soutien de son voisinage pour ne pas avoir constamment les yeux rivés sur sa montre. Un soutien précieux. “Les deux plus grands reviennent parfois à la maison en bus ou en train, et c’est ma voisine qui gère leur retour.”

En plus de la pression du timing, les frais de garderie représentent un sacré budget. “C’est une charge financière énorme! Et puis, pour les enfants, ce n’est pas non plus super marrant de rester tout le temps à la garderie…”

Ce rythme intense peut aussi avoir un impact psychologique, poursuit Monique. “La charge mentale n’est pas toujours simple à gérer. Quand je rentre du boulot, je fais à manger, les enfants prennent leur douche, je vérifie les devoirs et ils vont au lit. La sensation que j’ai, c’est qu’on ne se voit pas tellement, en réalité.” Les moment de détente et de décompression sont finalement assez rares . “J’aimerais bien faire des sorties avec mes copines à l’occasion, mais là aussi, il faut envisager de payer une babysitter.”

Avec son revenu modeste, Monique a, par ailleurs, peu de possibilités de faire des excursions avec ses enfants. “Pourtant, ce serait nécessaire pour la charge mentale, justement.”

Un statut précaire

Face à ces dépenses importantes et à la difficulté de s’occuper seule de ses trois enfants, la Namuroise a fait le choix de modifier sa routine, et de travailler à temps partiel. “J’ai la chance de bénéficier d’un logement social, mais avec un travail à temps plein, mon loyer explosait ! Sans parler des frais de garde d’enfants, etc. Aujourd’hui, avec mon temps partiel, je gagne environ 1700 euros par mois. C’est vraiment tout juste. Le problème, c’est que dès qu’on a un travail, on n’est pas reconnu comme vivant dans la précarité. Or, dans mon cas, ce n’est pas facile tous les jours.”

D’un tempérament militant, Monique a créé un groupe sur les réseaux sociaux (“Maman solo, c’est pas du gâteau) afin de s’adresser aux autres parents solos. “J’ai créé ce groupe avec l’idée de militer pour tous les parents seuls, et d’évoquer leurs difficultés parce que tout le monde n’ose pas prendre la parole. Avec une amie, nous sommes allées frapper à la porte des politiques pour les mettre face à notre réalité. Nous organisons d’ailleurs une conférence sur la monoparentalité en présence de plusieurs représentants politiques à Namur le 3 juin. Parce qu’il faut que les choses bougent!”

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