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En Belgique, les familles monoparentales peinent à joindre le deux bouts

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En Belgique, les familles monoparentales peinent à joindre le deux bouts

1. Le profil des parents solos

Par parent isolé, on entend un parent qui s’occupe seul de la prise en charge d’un ou de plusieurs enfants âgés de 0 à 25 ans. “Cela signifie qu’il assure la prise en charge financière et répond aux besoins de l’enfant”, précise Cédric De Smedt, business director chez Haystack Consulting qui a réalisé l’enquête, dévoilée ce mardi. Notons que cette prise en charge peut se faire seul ou avec l’autre parent, en cas de séparation. Parmi les foyers monoparentaux, les chefs de famille sont majoritairement des femmes (62%). La proportion de papas seuls est néanmoins en croissance (38%).

Lorsqu’on demande à ces parents pourquoi ils sont isolés, la séparation avec un conjoint est la raison principale : 40% du panel évoque une rupture, et 26% un divorce. Seuls 12% estiment qu’il s’agit d’un choix.

Près de la moitié des foyers monoparentaux comptent un enfant (48%), tandis que près d’un tiers des familles monoparentales ont deux enfants à charge (31%). La part des ménages de trois enfants et plus est quant à elle minoritaire (20%).

2. Des difficultés financières

Parmi les défis de ces ménages, celui de la stabilité financière figure clairement en tête de liste. “C’est un challenge qui est constant, que ce soit après un an ou cinq ans de ménage monoparental, poursuit l’analyste. C’est même un enjeu qui croît au fil du temps, et c’est celui qui a le plus d’impact dans leur quotidien. (…) La gestion du temps, le fait de prendre soin de soi, et l’importance du soutien émotionnel sont également des défis majeurs, mais qui arrivent après cet aspect financier.”

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’étude, 61% des familles monoparentales disposent d’un revenu familial de 2800 euros maximum (allocations familiales comprises). “Or, 2800 euros, c’est le seuil de pauvreté avec trois enfants à charge.”

De plus, un tiers des foyers monoparentaux est exposé à un risque de pauvreté, contre un cinquième pour la population générale. Ce risque augmente d’ailleurs avec le nombre d’enfants : les parents seuls avec trois enfants font face à un risque de pauvreté de 63 %.

“Pourtant, contrairement aux idées reçues, les parents de familles monoparentales sont plus actifs sur le marché du travail que les autres ménages.” En effet, 71% d’entre eux travaillent, dont une (courte) majorité à temps plein (51%).

3. Le graal du logement abordable

L’accès à un logement adéquat, abordable et suffisamment spacieux représente un vrai défi pour les parents solos. Seuls 30 % des foyers monoparentaux avec trois enfants ou plus bénéficient d’un logement offrant une chambre pour chaque membre de la famille. Selon l’enquête, 13% de ces familles doivent même se contenter d’une seule chambre. Un tiers des répondants indiquent ainsi qu’il est difficile de trouver des logements convenables et abordables. De nombreux parents déplorent également les délais d’attente, trop longs, pour bénéficier d’un logement social, tandis que d’autres pointent la discrimination à l’égard des familles monoparentales sur le marché du logement. Enfin, notons que la proportion de locataires chez les parents isolés est plus élevée qu’au sein de la population belge globale. Seuls 55 % des parents isolés possèdent leur propre logement, contre 72 % des Belges.

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